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Vers Dieu, je crie mon appel !3
Au jour de la détresse, je cherche le Seigneur ; †4
Je me souviens de Dieu, je me plains ;5
Tu refuses à mes yeux le sommeil ;6
Je pense aux jours d’autrefois,7
la nuit, je me souviens de mon chant,8
Le Seigneur ne fera-t-il que rejeter,9
Son amour a-t-il donc disparu ?10
Dieu oublierait-il d’avoir pitié,11
J’ai dit : « Une chose me fait mal,12
Je me souviens des exploits du Seigneur,13
je me redis tous tes hauts faits,

Commentaire
Seigneur, laisse-moi mourir!
Tobit se sent malheureux, malheureux de pauvreté, malheureux de cécité, malheureux d'être méjugé par son épouse, malheureux de non-reconnaissance, malheureux parce qu’il voit dans sa situation l’expiation certes de ses propres fautes, mais aussi des fautes de ses pères, et de son peuple (comme Daniel, Esdras ou Néhémie – Dn 9,4-19, Esd 9,6-15, Né 9,5-37). Il se sent coupable pour tout son peuple, et donc responsable de cette déportation dont le peuple souffre, de cette misère dans laquelle il demeure, de ces morts impunies et non respectées. Tout le malheur sur son dos.
En pleine déprime, il en appelle à Dieu, et lui demande la mort comme une délivrance.
«Et pendant ce temps, à Ecbatane…», comme dirait le conteur, nous faisons connaissance de la jeune Sara qui, elle aussi, demande à Dieu la mort comme une délivrance.
Sa misère à elle, c’est, semble-t-il, de porter malheur à ses amoureux, et d’être tenue pour responsable de leur mort (sa situation trouve peut-être un écho dans celle de la Samaritaine en Jean 4,18...). L’accusation et la malédiction jetées par la propre servante de Sara sont le déclencheur de son envie de mourir.
Le suicide n’est attesté, dans la Bible, que chez des héros menacés de mort (Abimélek en Juges 9,54; Samson en Juges 16,30; Saül en 1 Samuel 31,4-5) ou des traîtres (Ahitofel en 2 Samuel 17,23; Zimri en 1 Rois 16,18, Judas en Matthieu 27,5).
Sara songe au suicide, mais en rejette le projet pour remettre, elle aussi, son désir de mort à Dieu.
Au verset 16 de ce chapitre 3, il est annoncé que «leur prière à tous deux fut entendue en présence de la gloire de Dieu et que Raphaël fut envoyé pour les guérir tous deux». Tobit et Sara seront exaucés, mais pas dans leur demande: tous deux quémandaient le repos de la mort, et c’est la vie qui va leur être rendue, et la joie!
A noter que le nom du démon qui interfère dans la vie de Sara, Asmodée, signifie «celui qui fait périr», alors que le nom du messager-ange de Dieu, Raphaël, signifie «Dieu guérit»!