2
Seigneur, corrige-moi sans colère3
Tes flèches m’ont frappé,4
Rien n’est sain dans ma chair sous ta fureur,5
Oui, mes péchés me submergent,6
Mes plaies sont puanteur et pourriture :7
Accablé, prostré, à bout de forces,8
La fièvre m’envahit jusqu’aux moelles,9
Brisé, écrasé, à bout de forces,10
Seigneur, tout mon désir est devant toi,11
Le cœur me bat, ma force m’abandonne,12
Amis et compagnons se tiennent à distance,13
Ceux qui veulent ma perte me talonnent,14
Moi, comme un sourd, je n’entends rien,15
pareil à celui qui n’entend pas,16
C’est toi que j’espère, Seigneur :17
J’ai dit : « Qu’ils ne triomphent pas,18
Et maintenant, je suis près de tomber,19
Oui, j’avoue mon péché,20
Mes ennemis sont forts et vigoureux,21
Ils me rendent le mal pour le bien ;22
Ne m’abandonne jamais, Seigneur,23
Viens vite à mon aide,

Commentaire
Jean et Jésus
Moi, Jean le baptiseur, j’ai des frères fidèles qui sont venus me voir en prison. Je les ai envoyés auprès de Jésus. Ils sont allés lui demander pour moi : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »
Lui, il n’a pas répondu directement. Ce n’est pas sa manière. Mais il leur a donné message pour moi, il a cité Esaïe le grand prophète. Il a dit : « Les aveugles retrouvent la vue et les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ».
Oui, ce sont bien certaines des actions du Messie qu’annonce le prophète Esaïe. Mais où est la vengeance de Dieu, où est la route où l’impur ne passera pas ?
Il n’y a avec Jésus que le bouleversement des cœurs et des pensées. Il n’impose pas le règne de Dieu, il le propose à qui veut le discerner dans les replis des jours et des âmes.
Mes disciples, m’ont rapporté qu’au moment où ils s’en retournaient, ils ont entendu Jésus dire que si les foules sont venues à moi, ce n’était pas pour rien, et que je suis le plus grand prophète, que je suis Elie revenu. Que, oui, j’ai préparé son chemin.
Il a dit aussi que j’ai place dans le Royaume des cieux, même si les plus petits y seront plus grands que moi, peu importe : lui qui ouvre ce Royaume affirme que j’y suis accueilli, même si les valeurs humaines y sont renversées.
Ce qu’ils m’ont rapporté encore m’a semblé étrange : Jésus a parlé de violence, lui qui sait à peine se mettre en colère.
J’ai presque cru qu’il incitait à se battre violemment pour le Royaume. Mais avec lui, ce n’est pas possible. Il voulait sûrement dire que depuis mon annonce, mon appel à la repentance, les croyants doivent se faire violence, user de violence contre le mal, le mal qui les entoure, le mal qui les habite. Vouloir à tout prix, violemment, être prêts à répondre à l’accueil de Dieu dans son Royaume.
Et puis, Jésus a dit quelque-chose, juste comme ça, au milieu de la réponse qu’il a faite à mes frères, quelque-chose qui n’est pas dit par Esaïe, Esaïe n’est pas allé aussi loin. Jésus a parlé des aveugles et des boiteux, et des sourds, oui. Et i a ajouté : « Les morts ressuscitent » !
Les morts ressuscitent, les morts ne sont plus morts… Jésus a redonné vie à des morts. Pour dire que la mort n’est plus la fin, qu’elle n’est plus victorieuse. Ça, ça c’est une promesse qui me fait sérieusement réfléchir ! Un vrai bouleversement. Par Jésus, la vie de Dieu est plus forte que la mort. Oui, oui il pourrait bien être le Messie attendu ! Vraiment.