16
Tout le jour, ma déchéance est devant moi,17
sous les sarcasmes et les cris de blasphème,18
Tout cela est venu sur nous19
Notre cœur ne s’était pas détourné20
quand tu nous poussais au milieu des chacals21
Si nous avions oublié le nom de notre Dieu,22
Dieu ne l’eût-il pas découvert,23
C’est pour toi qu’on nous massacre sans arrêt,24
Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ?25
Pourquoi détourner ta face,26
Oui, nous mordons la poussière,27
Debout ! Viens à notre aide !

Commentaire
Exercer son regard
Ce récit de la transfiguration de Jésus est bien étrange. Peu avant sa Passion, alors qu’il sait sa mort proche, Jésus va à l’écart sur une montagne avec ses trois plus proches disciples.
Se déroule alors, sous leurs yeux éberlués, une sorte de colloque entre Jésus, Elie et Moïse. Les disciples aimeraient fixer cet instant glorieux : Pierre propose de dresser des tentes. Mais tout s’arrête et Jésus se retrouve seul avec ses disciples. Comme la voix de Dieu l’a annoncé, il s’agit maintenant d’écouter Jésus. C’est dans la parole et la vie de cet homme que Dieu se révèle.
Quel contraste entre le Jésus au visage brillant et celui qui sera crucifié !
Focalisée sur un Messie glorieux, l’attente impatiente d’Israël empêchera que Jésus soit reconnu comme ce «Serviteur souffrant» qu’annonce Esaïe. Tout comme le peuple n’a pas perçu en Jean-Baptiste le précurseur du Messie promis.
Cela m’interroge sur mon attente : Est-ce que je sais reconnaître le Christ quand il vient à ma rencontre ? Jésus ne vient pas à moi glorieux, avec un visage et des vêtements brillants, mais parfois en la personne de ce «pauvre» qui me dérange et me sollicite. Il n’est pas celui qui résout immédiatement mes problèmes, mais m’apparaît dans les encouragements que je reçois fraternellement d’autrui : «Lève-toi, n’aie pas peur !»
Reconnaître sa présence dans l’ordinaire de la vie et non seulement dans les temps forts de la foi, c’est un exercice spirituel du regard.